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Centaurus BT200 : l'autonomie d'un double accu 18650

Par Laurence Beaupré · · 6 min de lecture

Centaurus BT200 : l'autonomie d'un double accu 18650

Deux cent watts affichés sur un écran de 2,4 pouces, deux emplacements d’accus, et pas une seule capacité en milliampères-heures sur la fiche. La box de Lost Vape illustre parfaitement le problème de lecture posé par les montages à cellules amovibles : l’autonomie ne figure nulle part, parce qu’elle dépend entièrement de ce qu’on met dedans. Reconstituons-la à partir des chiffres publiés.

Ce que la fiche du Centaurus BT200 donne, et ce qu’elle omet

Les revendeurs s’accordent sur l’ossature. Le Centaurus BT200 fonctionne avec deux accus 18650 non fournis, plafonne à 200 W, se recharge en USB-C sous 5 V et 2 A d’après le test publié par OneShot Media, et affiche cinq modes de vape selon Le Petit Vapoteur.

Ce qui manque est précisément ce qui déciderait de l’autonomie : aucune capacité, aucun courant de décharge minimal recommandé, aucune durée d’usage annoncée. Les fiches de Kumulus Vape et du Petit Vapoteur sont muettes sur ces trois points.

L’information se reconstruit donc en deux temps : convertir les cellules choisies en énergie disponible, puis rapporter cette énergie à la puissance de vape réellement utilisée.

Convertir deux cellules 18650 en énergie embarquée

Le calcul suppose de fixer une capacité, puisque la box n’en impose aucune. Les cellules proposées en accompagnement donnent la fourchette réelle du marché autour de ce modèle.

Le Petit Vapoteur référence des 18650 de 2500 à 3500 mAh, et Kumulus Vape propose un pack associant la box à deux cellules Kuurve de 3500 mAh. En retenant cette borne haute, l’énergie embarquée se calcule ainsi : 3,5 Ah multipliés par 3,7 V donnent 12,95 Wh par cellule, soit 25,9 Wh pour la paire.

Avec deux cellules de 2500 mAh, le total tombe à 18,5 Wh. L’écart entre les deux configurations dépasse 40 %, sur une box strictement identique.

Estimer une autonomie : le calcul et ses hypothèses

Aucun chiffre de durée ne figure sur les fiches du Centaurus BT200, et il serait malhonnête d’en présenter un comme mesuré. Ce qui suit est une projection arithmétique, dont chaque hypothèse est affichée.

Le coût d’une bouffée selon la résistance

La box est livrée avec deux résistances UB Max X. Le Petit Vapoteur situe la 0,15 Ω entre 80 et 120 W et la 0,30 Ω entre 40 et 60 W.

À 100 W pendant 2 secondes, une bouffée mobilise 0,056 Wh. À 50 W sur la même durée, elle n’en mobilise que 0,028 Wh. Le rapport est exactement de un à deux, avant toute autre considération.

Le nombre de bouffées projeté

En partant de 25,9 Wh embarqués, en retenant un rendement de conversion de 90 % et une décharge menée jusqu’au seuil bas de l’électronique, l’énergie utilisable ressort à 23,3 Wh.

Cela situe le résultat autour de 415 bouffées de 2 secondes à 100 W, et de l’ordre de 830 à 50 W. Ce sont des ordres de grandeur destinés à comparer deux réglages, pas des durées d’usage constatées.

Les écarts entre le calcul et l’usage

Trois facteurs jouent contre la projection. La tension chute sous fort courant, la coupure intervient avant la décharge complète, et l’écran couleur avec la liaison Bluetooth 5.1 relevée par OneShot Media consomme en dehors des bouffées.

Les 200 watts et le courant appelé sur chaque cellule

Le chiffre le plus visible de la fiche est aussi celui qui contraint le choix des accus. Sur un montage en série, le courant traverse les deux cellules à l’identique : c’est lui qu’il faut confronter au courant de décharge continu annoncé.

Avec deux cellules en série, la tension nominale monte à 7,4 V. Une demande de 200 W appelle donc environ 27 A, avant même de compter les pertes. Le guide de Cigarette Elec recommande, pour toute box dépassant 120 W, des cellules affichant plus de 35 A.

Autrement dit, la puissance maximale de la box n’est pas atteignable avec n’importe quelle paire. Les repères de capacité et d’ampérage se lisent en détail dans notre analyse de l’accu 21700 et de son autonomie, dont les arbitrages valent aussi pour le format 18650.

Charge interne : ce que 5 V et 2 A donnent sur deux cellules

Le port USB-C accepte 2 A d’après le test de OneShot Media. Ce courant ne va pas à une seule cellule : il se répartit entre les deux emplacements occupés, selon la règle rappelée par Le Petit Vapoteur sur les box à double accu.

Chaque cellule reçoit donc de l’ordre de 1 A. Sur des 18650 de 3500 mAh, cela place la durée théorique de charge autour de 3 h 30, phase finale à tension constante non comptée.

Un boîtier externe réglé à 2 A par emplacement diviserait cette durée par deux. Le raisonnement complet figure dans notre repère sur le choix d’un chargeur d’accus.

Les divergences entre fiches, et pourquoi elles comptent

Un dernier point mérite l’attention de quiconque compare des chiffres : les revendeurs ne publient pas les mêmes. Sur la résistance UB Max X de 0,15 Ω, la fiche du kit du Petit Vapoteur annonce 80 à 120 W, quand OneShot Media retient 80 à 100 W.

Les dimensions du clearomiseur divergent aussi, 51,6 x 26 mm chez Le Petit Vapoteur contre 58,5 x 26,8 mm dans le test. Le nombre de modes varie de cinq à sept selon la source consultée.

Ces écarts n’invalident rien, mais ils rappellent qu’une valeur trouvée sur une fiche produit reste une valeur de fiche produit. Sur les prix, l’amplitude est du même ordre : 55,42 € chez Kumulus Vape pour la box seule, 89,90 € pour le kit complet chez Le Petit Vapoteur.

FAQ

Peut-on utiliser une seule cellule dans un emplacement double ?

Non. Un montage en série suppose les deux emplacements occupés pour établir la tension attendue par l’électronique, qui refuse de démarrer autrement.

Faut-il des cellules strictement identiques ?

Même modèle, même capacité et même niveau d’usure sont la règle sur ce type de montage. Un déséquilibre fait travailler la cellule la plus faible au-delà de sa part.

Le mode Turbo change-t-il l’autonomie ?

Il cale la puissance sur le maximum admis par la résistance détectée. Mécaniquement, plus de watts par bouffée signifie moins de bouffées pour une même énergie embarquée.

Le Bluetooth consomme-t-il de façon mesurable ?

Aucune valeur de consommation n’est publiée par la marque ni par les testeurs consultés. Le seul constat vérifiable est que la fonction est présente et active en dehors des bouffées.

Pourquoi la capacité n’apparaît-elle sur aucune fiche ?

Parce que les cellules ne sont pas fournies. Le fabricant ne peut annoncer une capacité qu’il ne livre pas, et les revendeurs reprennent cette absence telle quelle.

Lire le Centaurus BT200 : trois valeurs à reconstituer soi-même

Le Centaurus BT200 publie sa puissance, ses modes et sa connectique, mais laisse l’utilisateur reconstruire l’essentiel : l’énergie embarquée, qui dépend des cellules choisies, le courant appelé aux fortes puissances, et la durée de charge une fois le courant partagé entre deux emplacements. Ces trois calculs se font en quelques divisions, et ils en disent plus long sur l’usage quotidien que le nombre affiché en gros sur la boîte.

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